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12 mai 2009

COMMIS D'OFFICE

Chouette ! Une description réaliste du quotidien des avocats commis d'office ! Ah non : un polar sur fond d'évasion. Rectificatif : une sombre farce pleine de gags bien lourds. Commis d'office ne sait tellement pas sur quel pied danser qu'il change régulièrement de direction, ne trouvant son unité que dans une recherche très aboutie de ce qu'il convient d'appeler un n'importe quoi généralisé. C'est même ça qui rend le premier film de la romancière-avocate (mais pas cinéaste) Hannelore Cayre si amusant : cette foutraquerie permanenteet cette totale inanité peuvant en faire un divertissement mémorable pour peu qu'on ait abusé du schnaps au déjeuner.
La partie la plus convaincante (hum) est sans doute celle qui nous était promise au départ : on comprend rapidement qu'un avocat commis d'office ne gagne pas bézef et qu'il faut vraiment aimer son métier comme un fou pour continuer à plaider pour des clopinettes pendant que d'autres se remplissent les poches en défendant des pourris pleins aux as. La réflexion ne va pas plus loin : c'est l'heure de rencontrer le personnage de l'avocat fortuné incarné par un Jean-Philippe Écoffey qui, avec les années, a gagné en kilos ce qu'il a perdu en qualité de jeu. Le portrait composé par la réalisatrice est celui d'un gros porc qui mange salement, traite les gens comme des moins que rien et semble avoir un portefeuille à la place de la cervelle. Alors l'acteur y va franco, nous la jouant De Funès en gesticulant dans tous les sens et en bâfrant le plus dégueulassement possible. Le reste est à l'avenant, excessif et dépourvu de toute crédibilité. La partie polar est absolument ridicule, se basant sur un échange d'identité d'autant plus improbable que les deux hommes concernés ne se ressemblent pas (mais puisqu'une réplique le justifie, c'est apparemment permis).
Quant à l'humour de l'ensemble, il est à la fois fort malvenu (pourquoi tourner à ce point en dérision une intrigue se voulant noire ?) et incroyablement destructeur. Un seul plan suffit à résumer l'ambition de la chose : pour emmerder quelques hommes de main chargés de le surveiller, l'avocat joué par Roschdy Zem va passer sa soirée chez Quick, où il finira par faire rouler la voiture de son menu enfant au milieu d'un circuit fait de frites. Dans une comédie avec Will Ferrell, à la rigueur ; dans un film supposé sérieux et aussi mal filmé et dirigé, c'est une hérésie. Zem n'échappe pas au massacre général : il n'a jamais été aussi mauvais, hystérique et caricatural, donnant envie d'en vouloir à Hannelore Cayre, qui a réussi à rendre méprisable ce comédien pourtant si brillant.




Commis d'office de Hannelore Cayre. 1h31. Sortie : 06/05/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

5 mai 2009

Jeu-concours COMMIS D'OFFICE : les résultats

La sortie de Commis d'office ce 6 mai sonne la fin du concours organisé grâce à Bac Films.
Les 10 gagnants de 2 places, qui les recevront au plus vite, sont :
Alain (Bailleau le Pin)
Barbara (Bonnay)
Christine (Brumath)
Carole (Issy les Moulineaux)
Frédérique (Athies)
Karen (Noisiel)
Naïra (Val de Reuil)
Patricia (Paris)
Stéphanie (Fouilloy)
Virginie (Hornoy le Bourg)

Merci aux très nombreux participants, ainsi qu'à Loute pour sa collaboration au tirage au sort des gagnants. D'autres concours seront bientôt organisés sur le blog, soyez sur le coup...

22 avr. 2009

Jeu-concours COMMIS D'OFFICE

À l'occasion de la sortie du film Commis d'office le 6 mai prochain, BAC Films me permet de faire gagner à 10 lecteurs de ce blog 2 places pour voir le film en salles. Pour cela, il vous faudra répondre à 3 questions sur l'acteur principal du film, Roschdy Zem, et prier ensuite pour qu'une main raide et froide comme la justice vienne choisir votre nom.
Envoyez donc vos 3 réponses, ainsi que votre adresse postale, à rob.raison@gmail.com. Clôture du concours mardi 5 mai à 22h.
À vous de jouer...







Question 1
Dans quel film d'André Téchiné son personnage se nomme-t-il Saïd ?

Question 2
Dans quel film joue-t-il un garde du corps ?

Question 3
Citer une actrice interprétant sa soeur dans Mauvaise foi.





Découvrez aussi le site officiel du film en cliquant ici.

28 mars 2009

UN CHAT UN CHAT

Le cinéma de Sophie Fillières ne ressemble qu'à elle, et c'est tant mieux. Jamais totalement séduisant du fait d'un excès de loufoquerie, il attire néanmoins par son refus des conventions et sa façon de prendre simultanément des directions contraires. Jolie façon de ne jamais revenir au point de départ. Comme ses précédents films, Un chat un chat est profondément déstabilisant, puisqu'à mi-chemin entre le psychanalytique et le n'importe quoi. On navigue à vue entre ces deux domaines parfois convergents, c'est souvent délicieux, parfois fatigant, mais ça a en tout cas le mérite de ne jamais se reposer sur de quelconques acquis.
Plus que Aïe ou Gentille, Un chat un chat a quelque chose de bonitzerien. Pas parce que l'une des actrices principales est la fille de Sophie Fillières et Pascal Bonitzer, mais plutôt pour la dualité morbide de la relation entretenue par les deux héroïnes. Comme Laurent Lucas et Fabrice Luchini dans Rien sur Robert, comme tant d'autres fois chez Bonitzer, les personnages principaux sont des sortes de doubles malsains de l'autre, comme la même facette d'une même personne mais à des pages différents. Façon d'expliquer le curieux lien qui unit Célimène à Anaïs, qui la suit partout sans que cela dérange qui que ce soit.
Il y a sans doute mille interprétations pour chaque évènement qui se produit, pour chaque interrogation qui se pose. Le somnambulisme de Célimène, sa brutale panne de paroles, la façon qu'elle a de ne pas arrêter de fumer. On peut aussi se laisser porter par ce curieux objet fantasque et bizarrement grisant, qui crée de vraies sensations de cinéma. L'image de l'appartement en travaux recouvert par une immense bâche sous laquelle s'endort Célimène pourrait être anxiogène, elle est juste magnifique. Cette obsession du patronyme, du changement perpétuel de nom aussi. Tout comme cette façon de mélanger Francis Cabrel, L'albatros, Le lagon bleu et Amélie Nothomb. On n'en sort pas forcément rempli, mais juste avec l'impression d'avoir passé cent minutes dans le cerveau d'une extra-terrestre en pleine thérapie filmique, d'avoir vécu un moment privilégié avec la belle et géniale Chiara Mastroianni.
6/10

(autre critique sur Le temps du cinéma)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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