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20 mars 2009

FAR NORTH

D'Asif Kapadia, plutôt que The return (énième bidule fantastoc avec Sarah Michelle Gellar), il vaut mieux retenir The warrior, thriller d'aventures anglo-indien assez marquant. On retrouve dans Far north quelques-uns des thèmes qui animaient ce premier long, et notamment la façon dont l'être humain, noyé dans l'immensité des grands espaces naturels, finira inexorablement par sombrer dans la folie nombriliste. Étrange film que celui-ci, qui débute comme un énième film d'aventures dans le Grand Nord avant de se muer brusquement en un triangle amoureux très particulier.
Il faut dire que les trois protagonistes sont seuls au milieu de nulle part, et donc face à eux-mêmes en permanence, sans possibilité de se cacher, de s'isoler ou de mentir durablement, d'où le côté pervers de la situation, celui-ci étant accentué par le fait que les deux femmes qui se disputent les faveurs du même mâle sont mère et fille... Glauque ? Pas vraiment, ou en tout cas pas immédiatement. En bon faiseur d'images, Kapadia utilise à merveille les décors toujours plus blancs pour adoucir et rafraîchir ce qui aurait pu n'être qu'un drame lourd en pathos. Il accouche d'un film délicat, à bonne distance de ses personnages, sans doute un peu trop glacé (au sens figuré) pour réellement impliquer son spectateur mais disposant de quelques scènes-clés vraiment fortes.
L'un des points forts de Far north, outre son interprétation sans faille, c'est la façon dont le scénario va finalement faire des choix, s'éloignant peu à peu des canons d'un genre trop souvent poussé par les convenances à finir en queue de poisson et en non-dits. Plus le générique approche et plus il se passera de choses, l'intensité allant croissant jusqu'à un dénouement franchement mémorable mais pas totalement abouti. Ce n'est donc pas la tiédeur qui prime dans ce beau film où la chaleur des corps contraste admirablement avec la rigueur du climat. Bien que pas totalement mûr, Asif Kapadia est un cinéaste à suivre.
6/10
(également publié sur Écran Large)

(autre critique sur L. aime le cinéma)

1 mai 2007

HITCHER

En 1986, un vilain psychopathe à visage découvert venait terroriser de pauvres automobilistes (surtout un). Derrière le minois rassurant de Rutger Hauer se cachait à peine le plus pervers des tueurs, aimant par dessus tout prendre son temps et donner de faux espoirs à ses proies. Vingt ans plus tard, le hitcher revient dans un remake totalement inutile mais pas détestable pour autant.
Les rares changements sont pourtant assez notables : Sean Bean et sa gueule de pourri ont remplacé Hauer de façon assez honorable (je n'ai pas dit "avantageuse") ; le jeune mec traqué jusqu'à la mort par le psycho est remplacé (avantageusement, cette fois) par une jeune femme forcément agréable à regarder (Sophia Bush, jusqu'ici cantonnée à de mauvais teen movies) ; le Hitcher 2007 est plus court, plus concis, et ça n'est pas franchement un avantage, puisque la tension et l'atmosphère pesante ont à peine le temps de prendre leurs aises. À part ça, cette nouvelle mouture est très semblable à la première. Juste moins flippante et moins jouissive, tout en restant un spectacle plutôt sympathique (pas sûr que ce soit le mot qui convient).
Reste une fois de plus cette indémodable question : pourquoi refaire à l'identique des films qui n'ont pas trop mal vieilli, sans même tenter de leur apporter un petit plus? C'est évidemment une affaire de dollars, et le pire, c'est qu'on marche. Un spectateur glouton est un spectateur glouton.
5/10
(sortie le 9 mai)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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