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16 févr. 2009

LA LÉGENDE DE DESPEREAUX

S'il est adapté un best-seller jeunesse datant de 2003, La légende de Despereaux pâtit d'un énorme défaut : arriver après Souris city et surtout Ratatouille. On ne pourra s'empêcher de comparer ce film et celui de Brad Bird, d'autant qu'il y est non seulement question de rongeurs, mais aussi de cuisine. Une sombre histoire de soupe est en effet à l'origine du déferlement d'ennuis qui guette ce gentil petit royaume.
Évidemment, Despereaux n'atteint jamais les sommets pixariens, que ce soit techniquement ou narrativement. Mais, à l'image de son héros (une souris vraiment petite, même à l'échelle des souris), c'est une aventure mignonne et bigrement sympathique, qui véhicule des sentiments louables sans en faire des caisses (même si on peut finir par faire une overdose de voix off). Avec ses grandes oreilles tombantes et son inflexible témérité malgré sa petite taille, Despereaux est un personnage assez sensationnel, un vrai héros dont le goût de l'aventure est assez communicatif. On sent d'ailleurs toute l'admiration qui lui est portée par l'équipe, certains personnages secondaires semblant avoir été un peu négligés au bénéfice du héros.
Une précision s'impose tout de même : le film ne fait jamais dans la franche gaudriole, la malédiction qui frappe le royaume semblant avoir répandu une sinistrose ambiante. Si l'imperturbable sérieux de Despereaux est tout à fait charmant, la relative noirceur de l'ensemble - qui plus est mal relayée par une esthétique trop classique et lumineuse - a de quoi donner le cafard aux pauvres petits spectateurs venus absorber leur dose régulière de dessin animé. Sans être outrageusement déprimant, La légende de Despereaux a donc un petit côté tristoune, l'avantage étant que cela évite aux personnages de pousser la chansonnette toutes les deux secondes pour montrer leur allégresse.
6/10
(également publié sur Écran Large)

(autre critique sur L. aime le cinéma)

3 déc. 2006

SOURIS CITY

C'est marrant comme les recettes les plus éculées sont parfois celles qui fonctionnent le mieux. En témoigne ce Souris city, divertissement haut de gamme au scénario périmé depuis belle lurette. Ce n'est pas l'originalité du matériau de base qui en fait la réussite : le film raconte l'histoire d'une pauvre souris solitaire qui devient par hasard le héros n°1 de la lutte contre l'oppresseur (ici, un gros crapaud mafieux). Des intrigues de ce genre, on en voit dans 2 dessins animés sur 3, et il y a de quoi faire la moue, d'autant que ce genre de sujet est propice aux lâchers de guimauve et aux envolées moralistes.
Heureusement, malgré leur alliance avec les ricains de chez Dreamworks, les têtes pensantes du studio Aardman ont su garder leur indépendance et leur imagination. Das Souris city, la qualité des personnages et le rythme presque parfait des gags sont deux atouts majeurs. Derrière deux personnages principaux forcément un peu calibrés (histoire de faire un minimum dans le glamour), une armée de limaces, des grenouilles forcément françaises et deux hommes de main complètement cons se chargent de faire fonctionner les zygomatiques à répétition. Les gags ont beau ne pas être vraiment neufs (chutes à gogo, coups dans les roubignolles, numéros chantés...), le timing est épatant et l'ensemble fonctionne à plein régime. Les frenchies en prennent pour leur grade (même si on perd beaucoup en VF), les footballeurs anglais sont ridiculisés (surveillez bien les arrière-plans), et le spectateur est ravi. Sous l'apparence d'une banale course-poursuite dans les égouts de Londres, Souris city est une vraie bonne comédie familiale, à conseiller aux très jeunes (qui adoreront ces gros tas de limaces) et aux beaucoup moins jeunes (qui adoreront ces gros tas de limaces). D'autant que l'animation est parfaite, avec un travail de la 3D qui ne laisse rien au hasard mais donne presque une impression d'authenticité (même si tout ceci est fait par ordinateur, on n'est pas loin de la plasticine de Wallace & Gromit). Chapeau.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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