Ça commence quasiment comme une comédie, le film pratiquant un humour nordique qui ne dépaysera pas les amoureux de Nous les vivants ou Chansons du deuxième étage (qui font certes partie des seules références qui nous soient accessibles niveau humour suédois). Puis l'auteur voudrait provoquer une impression de glissement et basculer, imperceptiblement puis brutalement, dans un registre plus grinçant à la lisière du sordide. Problème : ces intentions se sentent à tout moment, et on a qui plus est le sentiment que cette montagne accouche d'une souris. Il serait temps que les jeunes scénaristes cessent de croire qu'une scène de violence physique, psychique ou sexuelle placée aux deux tiers d'un script suffise à en faire une oeuvre intense et tragique. Difficile de croire une seule seconde à cette histoire de mauvaise blague qui tourne mal ; c'est pourtant à cela qu'on pourrait résumer Happy, Sweden, qui n'exploite jamais vraiment ses quelques personnages intéressants (chauffeur de bus dépressif, duo de pétasses à peine pubères) et se contente d'exhiber fièrement son procédé comme s'il était tout neuf.
Happy Sweden de Ruben Östlund. 1h38. Sortie : 29/04/2009.
Critique publiée sur Écran Large.