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10 mai 2009

MUTANTS

À force d'être régulièrement consterné par les tentatives françaises de faire du bon cinéma de genre, on a envie d'applaudir à tout rompre dès qu'un jeune réalisateur parvient à faire renaître l'espoir en proposant quelque chose d'assez convaincant. Et si Mutants ne brille pas particulièrement par son originalité, il marque la prometteuse entrée en matière d'un metteur en scène qui pourrait bientôt faire des merveilles. David Morlet nous chope dès la première minute et nous maintient en alerte jusqu'à la fin, sans nous faire rire, et c'est déjà un joli exploit par les temps qui courent.
Si Mutants impressionne, c'est surtout par sa parfaite maîtrise technique. La réalisation est efficace et bien fichue, s'appuyant idéalement sur un montage solide afin de faire naître et perdurer une impression d'urgence. Par dessus tout, les effets visuels constituent la réussite première du film. On croit à tout ce sang, aux mutilations, ainsi qu'aux mutations physiques dont sont victimes les personnes atteintes par le mystérieux virus au coeur du film. Introduit par un simple carton pendant le générique, celui-ci restera assez énigmatique, le scénario évitant intelligemment de tomber dans un tout explicatif souvent responsable de fâcheuses baisses de rythme. Il suffit d'observer pour comprendre de quoi il retourne : ce virus-là est une variante de la traditionnelle contamination par voie de zombie, sans doute plus inquiétant car transformant l'homme en mutant de façon terriblement lente. Huis-clos avec deux personnages, la première partie est une vraie réussite, montrant à quel point il est douloureux de voir l'être aimé se transformer sous ses yeux sans pouvoir rien faire pour l'aider. Le duo Hélène de Fougerolles - Francis Renaud est absolument fascinant et lé crédibilité va bien au-delà de la réussite des effets visuels.
Dommage que la suite soit clairement un ton en dessous. On ne peut pas reprocher à Morlet d'introduire de nouveaux personnages pour faire monter la sauce et multiplier les enjeux. Mais ceux-ci sont moins intéressants et moins bien interprétés (Nicolas Briançon et Dida sont particulièrement à côté de la plaque). Si bien que l'ensemble finit par tourner légèrement à vide, comme un 28 jours plus tard sans matière ou un Romero sans critique sociale. Pur divertissement, Mutants montre alors ses limites : celles d'un exercice de style destiné à faire son petit effet sur les CV des membres de l'équipe. La prochaine fois, un scénario plus abouti sur le long terme et pourquoi pas plus surprenant serait le bienvenu. Mais en ces temps où les virus sont à la mode (dans la vraie vie comme en BD), il fait preuve d'un à propos peut-être involontaire mais assez captivant, et se révèle plein de promesses.




Mutants de David Morley. 1h25. Sortie : 06/05/2009.

27 mai 2007

LA DISPARUE DE DEAUVILLE

Après un Parlez-moi d'amour qui aurait dû s'appeler Parlez-moi de moi, Sophie Marceau revient en force pour un film dont elle n'est pas l'héroïne mais qui ne parle que d'elle. La disparue de Deauville ressemble à ces films que se font les filles de six ans avec leurs Barbies : elles inventent des histoires pas croyables, se donnent le beau rôle et abordent chaque détail avec une naïveté rare. Seulement voilà : Sophie Marceau vient d'avoir quarante ans, et ça fait bien longtemps qu'elle a passé l'âge.
Sur tous les plans, La disparue de Deauville est un ratage total, un massacre sincère mais réel qui n'épargne rien ni personne. D'abord cette intrigue, qui voudrait sembler ombrageuse alors qu'elle n'est même pas digne d'un téléfilm avec Mireille Darc. Ensuite cette terrrrrible mise en scène qui joue n'importe comment (mais alors n'importe comment) sur les textures, les flous, les supports, provoquant des conjonctivites chez les trois quarts des spectateurs. Puis les acteurs : Christophe Lambert, qui fait illusion dix minutes, Nicolas Briançon dans une caricature d'homosexuel, Robert Hossein qui gueule comme dans une pub Audika. Et surtout, Sophie, la Sophie nationale, celle que les vieux encensent alors qu'elle n'a pas montré grand chose dans sa carrière (sauf un sein à Cannes), ridicule, navrante, dans la frime la plus totale. Grimée en vamp, elle livre une prestation consternante tout en étant persuadée d'être géniale : c'est l'impression d'ensemble que donne La disparue de Deauville, qui devrait être un four monumental et qui pourrait sonner la fin prématurée de Sophie Marceau réalisatrice. Croisons les doigts.
1/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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