Récompensé par l'Ours d'Or en février dernier, ce film péruvien est pourtant une oeuvre tout à fait modeste et oubliable, dont le postulat pittoresque n'apparaît bien vite que comme une façon d'appâter le chaland. Cette histoire de lait de la douleur (appelé ainsi car il se transmet par le lait maternel) aurait sans doute eu une autre allure dans les mains de cinéastes de renom, de Bunuel à Pasolini. Ici, elle finit par devenir carrément anecdotique, voire par sortir complètement du cadre. Fausta est mal dans sa peau, c'est un fait ; convoquer tout ce folklore pour si peu semble d'une vanité folle.
Fausta se voit avec un ennui poli, la beauté baroque de certaines images venant rompre la torpeur du spectateur à intervalles réguliers. D'amusantes scènes relatant les préparatifs du mariage - et le mariage lui-même - remplissent également ce rôle, faisant oublier à quel point le film passe à côté de son sujet. Et puis il y a Magaly Solier, dont l'étrange beauté et l'apparente timidité maladive font naître une émotion réelle à l'écran. Un peu insuffisant pour rendre Fausta réellement mémorable. La sélection de la Berlinale était-elle si faible que cela cette année ?
Fausta (La teta asustada) de Claudia Llosa. 1h33. Sortie : 17/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Tadah ! blog.