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5 oct. 2008

COLUCHE, L'HISTOIRE D'UN MEC

C'est l'histoire d'un mec qui nous fit pas mal rire pendant les années Nulle part ailleurs, avant de se lancer dans une carrière de réalisateur. En huit ans et quatre films, Antoine de Caunes nous a malheureusement démontré qu'il n'était pas le plus doué des metteurs en scène. Sans être déshonorant, Coluche en est le dernier exemple en date.
Réalisation très carrée, reconstitution soignée et même très amusante, foultitude de gueules connues et pas dénuées de talent : L'histoire d'un mec est a priori irréprochable tant il est exécuté avec envie et passion. Une passion que de Caunes peine malheureusement à nous communiquer : l'euphorie puis la désillusion qui entourèrent la candidature coluchienne aux présidentielles de 1981 ne sont pas assez travaillées pour émouvoir. Un manque d'étincelles qui rend ce spectacle un peu fade et définitivement pas enthousiasmant.
Alors évidemment, il y a François-Xavier Demaison, qui livre une prestation étonnante, ne tombant jamais dans l'imitation (au contraire de l'interprète du professeur Choron, par exemple). Il est un Coluche touchant, dont la relation avec sa femme Véronique (Léa Drucker, épatante) offre au film ses plus beaux moments (même si l'intéressée semble très insatisfaite du résultat). Les nombreux autres seconds rôles sont plus effacés et souvent inutiles, comme si de Caunes avait cherché à caser le plus possible de personnages célèbres dans son film sans pour autant savoir quoi leur faire dire.
Le réalisateur souhaitait éviter de tomber dans les travers du simple biopic et se concentrer uniquement sur une partie cruciale de la courte vie de Coluche. Pourquoi pas : encore eut-il fallu avoir une thèse à défendre, un propos politique à apporter, ou encore une vraie vision de cinéaste. Ici, le parcours de Coluche en 1980 et 1981 se limite à une montée en puissance pleine de rigolade (avec gags dispensables à intervalles réguliers) et une dégringolade forçant sur le pathétique. Si Coluche a trouvé son interprète, il lui manque ici un auteur capable de lui donner une vraie dimension.
6/10
(également publié sur Écran Large)

10 nov. 2006

DÉSACCORD PARFAIT

On n'a jamais cessé de vanter la jeunesse éternelle d'Antoine de Caunes, quinquagénaire aux allures de jeune premier. Désaccord parfait vient remettre les pendules à l'heure : oui, de Caunes avance à grand pas vers la vieillesse, pour ne pas dire la sénilité. Son troisième long métrage est aussi transcendant qu'un dimanche après-midi dans une maison de retraite sans aération. De Caunes organise les retrouvailles de deux stars vieillissantes trente ans après leur séparation mouvementée. Une idée qui n'aurait pas manqué de charme si elle avait été traitée un minimum. Mais non : Désaccord parfait se contente d'enchaîner les scènes platissimes avec une lenteur qui voudrait passer pour du flegme britannique. Ça aurait pu être délicieusement vachard, ou tendrement nostalgique, mais ça ne l'est pas.
Difficile de croire que ce soit le trublion ultra imaginatif du grand Canal+ qui soit à l'origine de cette même pas comédie vraiment cafardeuse. Les dialogues sonnent faux, et les quelques vacheries placées çà et là dans la bouche des personnages ont atteint la date de péremption depuis belle lurette. Sinistre. Heureusement que de Caunes a ses deux comédiens : s'ils n'ont pas grand chose à défendre, Jean Rochefort et Charlotte Rampling offrent un numéro correct qui sauve ce qu'il y a à sauver (c'est-à-dire à peu près rien). De temps en temps, comme conscient du vide sidéral de son scénario, de Caunes filme un bouledogue qui ronfle et qui pète, histoire de faire rire les spectateurs prêts à tout (et ça marche).
En fin de course, deux scènes viennent relever un peu le niveau : on retrouve alors des bribes de l'esprit déjanté et décalé qui a fait la renommée d'Antoine de Caunes. Et quand on voit Rochefort s'y éclater comme un petit fou, on regrette d'autant plus que le pépé derrière la caméra n'ait pas su donner à son film la jeunesse qu'il avait encore hier.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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