Négociations, intimidations, tables rondes : la vie de ces insurgés est rythmée par des séries de rencontres avec des personnalités politiques souhaitant à tout prix réinvestir les lieux en fournissant aussi peu d'efforts que possible. Ce n'est pas nouveau, mais Palazzo delle aquile montre à quel point les réalités de l'univers politique sont éloignées de celles des plus nécessiteux. En les plaçant côte à côte, le documentaire rend cela édifiant, consternant, accablant. Il faut voir cette mairie, confortable lieu abritant les symboles de la République Italienne, se transformer peu à peu en gigantesque capharnaüm. L'image serait parfaitement réjouissante s'il ne s'agissait pas pour les nombreux héros du film de tenter de sauver leurs familles de la précarité et des dangers de la rue.
Les enfants jouent, s'amusent, tentent de ne pas perdre leur innocence dans cet endroit peu adapté à leurs envies et aspirations. Pendant ce temps, leurs parents se battent pour eux. Ce sens de la famille et de l'engagement politique est parfaitement mis en avant par Savona, qui aurait cependant gagné à resserrer son film. Le terrible ennui de ces révoltés, qui n'en finissent plus d'attendre à force de refuser (à raison) les propositions paresseuses des autorités en place, finit par devenir trop communicatif. Les dernières bobines, elles, sont idéales : empreintes d'un suspense jamais putassier, elles montrent que l'issue de ce genre d'acte citoyen ressemble hélas à un coup de dés. La conclusion laconique et muette ne fera que renforcer cette terrible impression.
Palazzo delle aquile de Stefano Savona, Alessia Porto & Ester Sparatore. 2h08. Fiche ACID.
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