Flic bientôt retraité, flic infiltré, flic en voie de pourrissement : les héros de L'Élite de Brooklyn sont des archétypes absolus, que le scénar a le bon goût de pousser dans leurs retranchements et de détourner de leur destinée principale. Exemple : le vieux briscard fatigué, interprété par un Richard Gere qui n'en finit plus de se bonifier, ne se contentera pas d'attendre la retraite avant de jouer les Roger Murtaugh et de décider de rempiler in extremis ; la deuxième partie de son parcours sera bien différente et assez singulière. Il en va de même, à des degrés différents, pour les personnages incarnés par Ethan Hawke - acteur aussi discret que brillant - et Don Cheadle - qui fait toujours un peu la même chose. On n'ira pas jusqu'à faire du film de Fuqua un monument d'inventivité et de singularité, mais ces portraits croisés trouvent une force inespérée dans leur accumulation. Chaque histoire prise à part n'aurait sans doute pas donné un bon long-métrage, mais l'alliage des trois lui donne un souffle assez étonnant.
Réalisé à la façon de certains Friedkin, avec des mouvements de caméra pouvant sembler clinquants mais concourant à créer une véritable ambiance de film noir, L'élite de Brooklyn trouve qui plus est un nouveau souffle dans sa dernière demi-heure, stupéfiante montée de violence et de tension où le temps semble soudain se dilater et où les trajectoires des anti-héros se font soudain aériennes, transformant ce qui aurait pu n'être qu'un simple polar en une oeuvre étonnante, non seulement parce qu'elle va bien au-delà de ce qu'on aurait pu attendre d'Antoine Fuqua, mais également parce qu'elle va loin dans l'exploration de l'âme humaine. Trainant sur deux heures des semi-ratés qui auraient voulu être des héros, voilà un film à voir, à mûrir et à savourer. Belle surprise.
L'Élite de Brooklyn (Brooklyn's Finest) d'Antoine Fuqua. 2h07. Sortie : 05/05/2010.
3 commentaires sur “L'ÉLITE DE BROOKLYN”
ce film est un gros navet honte a toi pour ton article bidon
Film très violent, Ethan Hawke a tendance à surjouer, Don Cheadle bien fade, Richard Gere vraiment excellent (la scène de l'épicerie est très forte).
Sinon vision désespérante des ghettos US. Le réalisateur est afro-américain, son regard est sans concession, et ce qu'il nous montre de ces quartiers est à frémir (règne de l'ultra-violence sur fond d'abrutissement télévisuel et de trafic).
Constat amer du réalisateur 10 ans après Training Day.
très bon polar , vu cet après-midi. belle réalisation, bons acteurs, Richard Gere très touchant, et même le côté chorale passe ici plutôt bien.
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