The invention of lying début pourtant sur de bonnes bases, à la manières d'un Menteur menteur plus flegmatique : les situations les plus simples y sont reconsidérées sous un jour totalement neuf, à partir du simple principe selon lequel le monde décrit dans le film ne connaît pas le mensonge. L'hypocrisie n'a plus sa place, les fausses convenances non plus, et chacun se retrouve contraint de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Contraint ? Pas vraiment en fait : contrairement au film avec Jim Carrey, ne pas mentir n'est pas le fruit d'une malédiction, mais un principe d'autant plus intéressant qu'il est tout à fait naturel. Il est simplement inenvisageable d'embellir le réel, d'arrondir les angles ou de raconter un bon gros bobard, ce que la première demi-heure dépeint délicieusement - malgré un manque d'énergie certain côté mise en scène.
Il y a dans le film quelques idées absolument géniales, dont la vision proposée par Gervais et Matthew Robinson de ce que serait le cinéma s'il était impossible de mentir : de longs et lénifiants exposés, face caméra, d'histoires s'étant réellement produites. Sans point de vue, sans mise en scène, sans amusement aucun. Le cinéma-vérité n'existe pas, ou alors il est sacrément ennuyeux. Mais ces idées assez saisissantes ne suffisent malheureusement pas, et lorsque The invention of lying prend le risque de faire considérablement évoluer son pitch - le premier menteur de l'histoire devient une sorte de prophète absolu sur Terre -, c'est pour mieux s'abîmer dans un hors-sujet assez lourdingue et plus vraiment drôle. Au final, on voulait du Gervais et on a du Mike Judge, avec un bon gros délire sans queue ni tête qui ne fait pas jubiler mais qui tend à créer une véritable frustration chez ceux qui attendent toujours que cet artiste de talent trouve le souffle suffisant pour figurer dans un film savoureux d'un bout à l'autre.
The invention of lying de Ricky Gervais & Matthew Robinson. 1h40. Sortie : 28/04/2010.
2 commentaires sur “THE INVENTION OF LYING”
J'ai vu ce film dans l'avion en allant au Brésil (oui je me la pète un peu) et, je ne vais pas dire "pour une fois", je suis entièrement d'accord avec ton analyse : Excellent principe et première partie (bien qu'un poil molle) et échec de la seconde partie (voire même, pour un non-croyant comme moi, on pourrait presque penser que l'invention de Dieu tel qu'il est perçu aujourd'hui est "naturel" et "spontané"... Ce qui est effectivement le cas du "paradis", déclencheur de tout ça). Il est censé sortir quand ce film ?
Pas encore vu le film, mais je trouve ça facile de dire que le script de La Ville Fantôme était mou, et sans inventions dans la seconde partie du film.
Au contraire, je trouvais que c'était là qu'il était le meilleur, notamment,
SPOILER
lorsque Gervais semblait mourir en plein film, avec un spleen terrible ("oh ça venait juste de commencer à devenir intéressant"), pour finalement ressusciter avec un twist du genre qu'on ne voit plus depuis les années 90.
FIN DU SPOILER.
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