Ce terrain fertile semblait donner la possibilité au génie canadien de renouer avec les grands succès moites de l'époque d'Exotica, où le désir était autant affaire d'actes que de paroles. On s'attendait à ce qu'Egoyan fasse éclater en miettes la question "pourquoi un remake ?" en transcendant le sujet et les thématiques abordées. On n'imaginait pas tomber dans un traquenard ressemblant aux fameux Hollywood nights, téléfilms faussement torrides qui firent le bonheur des deuxièmes parties de soirée de TF1. Si la question du désir est bien au centre de Chloe, c'est plutôt parce que le spectateur est rapidement amené à s'interroger sur son absence. Est-ce parce qu'Amanda Seyfried a le potentiel érotique d'un taille-crayon ? Pas seulement. De dialogues sans relief en mises en scène gênantes, l'indifférence gagne rapidement et le trouble que tente d'instiller le metteur en scène n'est jamais palpable. Conséquence inévitable : si les personnages semblent perturbés par les sentiments nouveaux qui les animent, ils semblent être les seuls. Pour le spectateur, tout n'est qu'intentions et grosses ficelles.
Mais le pire est à venir, Chloe ne se contentant pas d'être un mauvais remake de Nathalie... - qui n'était déjà pas un excellent film. Là où le film d'Anne Fontaine s'arrêtait net sur une révélation de taille qui offrait d'autres perspectives éventuellement plus intéressantes, celui-ci fonce littéralement dans le thriller érotique en proposant une série de rebondissements plus affligeants les uns que les autres, censés ajoutés encore un peu de trouble à l'ensemble mais ne faisant qu'accentuer rapidement une impression de grand-guignol et de gros gâchis. En dépit de la belle prestation d'une Julianne Moore toujours aussi juste, le film ne fait que s'enliser un peu plus à chaque scène pour finir par une apothéose navrante qui scelle définitivement son sort. La première grande déception de la carrière d'Atom Egoyan est enfin arrivée ; souhaitons que le cinéaste se remette au plus vite du plomb dans la tête et nous rappelle bientôt son statut de très grand filmeur du désir.
Chloe d'Atom Egoyan. 1h39. Sortie : 03/03/2010.
5 commentaires sur “CHLOE”
aie, ça craint... mais je crois que je vais aller vérifier moi même, surtout que j'étais tombé en adoration devant "adoration"... héhé ;)
Tu as oublié, dans ta critique, d'avertir ceux qui vivaient dans des maisons d'architecte ultra design apparemment plus esthétique que sécurisée : ÉLOIGNEZ-VOUS DES GRANDES FENÊTRES !
moi je l'ai trouvé pas trop mal ce film ... Au faite tu ne réponds plus sur Formspring ? Tes réponses étaient bien marrantes en tout cas.
Bonne continuation
Bon mercredi à toi......
Moi je me promene parmis tes artricles où je passe comme à l'habitude un super moment.......
Bizzz
LOrent
quelqu'un pourrait-il m'expliquer la signification du dernier plan du film (quand ils font un zoom sur la barette dans ses cheveux)? elle aurait donc aussi eu des sentiments pour elle ?
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