Installant dès son ouverture une ambiance schizophrénique à couper au couteau, Amer développe un dispositif dans lequel la parole n'a que très rarement droit de cité - les dialogues sont vraiment peu nombreux - mais où tout le reste est inexorablement amplifié, afin de décupler chaque sensation et permettre ainsi au spectateur de se perdre avec l'héroïne dans un labyrinthe mental et sensoriel. On imagine sans mal que beaucoup succomberont au charme de cette ambiance addictive pour peu que l'on arrive à entrer dans cet univers. C'est apparemment le cas d'une grande majorité de personnes, qu'elles soient ou non des connaisseuses en matière de giallo. En revanche, celui qui, pour une raison ou pour une autre, reste dès le début en dehors du film, risque de passer un long moment pas loin d'être insupportable.
Pour les quelques réfractaires n'ayant pas su ou pu se mettre en phase avec lui, Amer a des allures de chemin de croix, ressemblant à ces lendemains de cuite au cours desquels chaque décibel de trop, chaque lumière criarde, chaque odeur prononcée a le pouvoir de prolonger et d'accroître votre état nauséeux. Une heure et demie à entendre le frottement d'un blouson de cuir et les bouffées de cigarette comme une mouche posée sur l'épaule des personnages. Si bien qu'en sortant, on est à la fois ravagé par une migraine absolument insupportable et totalement déçu d'avoir raté ce voyage qui semble avoir tellement fasciné ses voisins de siège. Rendez-vous manqué.
Amer de Hélène Cattet & Bruno Forzani. 1h30. Sortie : 03/03/2010.
1 commentaire sur “AMER”
Bon sang ! Rob Gordon a toujours raison !
Alors pourquoi ai-je acheté le DVD ?
Parce que je n'avais pas lu cette critique !
*forcément, le film rend autiste*
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