Ce qu'il y a de fichtrement déplaisant dans Gigantic, c'est que la fantaisie de ses situations et de ses personnages semble totalement artificielle. Il n'est pas difficile d'imaginer le brainstorming organisé par les deux scénaristes et consistant à chercher à tout prix l'idée qui rendra leur film singulier. La quête de l'idée original ou du sujet décalé n'est pas une tare en soi, mais lorsque le talent ne semble pas poindre là-dessous, ça se voit. Les intentions sont clinquantes, le résultat souvent fabriqué de toutes pièces. Pas une once de sincérité ne vient transcender le sujet ou les personnages, et c'est bien dommage. Mais les dialogues archi-décalés ont du goût, et c'est déjà un énorme point fort auquel se raccrocher.
Et puis il y a les seconds rôles : même s'ils sont faussement excentriques, les personnages secondaires viennent régulièrement rompre la monotonie de l'ensemble. À commencer par John Goodman en gros plein de fric et de soupe, qui prodigue des conseils légèrement décalés à son adorable petite fille. Bref, Gigantic, c'est pas terrible, mais surtout, on s'en fiche. En revanche, le scandale, c'est d'oser commettre une telle affiche quand on veut que son film fonctionne et plaise au public. S'il n'y avait que sa laideur, on passerait l'éponge sans sourciller ; le problème, c'est qu'elle tend également à gâcher l'un des principaux questionnements du film, qui concernent Brian et sa tentative d'adoption. Y arrivera, y arrivera pas ? Pas la peine de s'en soucier : en une sale image, les concepteurs ont répondu. Qui a dit que le monde du cinéma n'était constitué que de gens passionnées et consciencieux ?
Gigantic de Matt Aselton. 1h37. Sortie : 06/01/2010.
Critique publiée sur Écran Large.
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