28 déc. 2009

ESTHER

Cas d'école : quand deux affiches peuvent vous amener à deux perceptions différentes d'un même film. La française ne dit rien de spécial, si ce n'est que la Esther du titre risque fort de poser problème. Rien de renversant, en somme. En revanche, le poster américain affirme comme un défi que toi, spectateur consommateur, « tu ne devineras jamais son secret ». Et là, tout change : ainsi donc, cette petite orpheline toute mignonne, recueillie par une famille de gentils ricains débordant d'affection, cacherait un secret inimaginable ? Allons bon.
Derrière ce qui s'apparente apparemment à une micro-variation d'ordre promotionnelle se cache en fait une double façon d'envisager la découverte du film. D'un côté, le spectateur innocent passera deux heures à prendre le film scène après scène, s'agrippant plus ou moins fort à son siège en espérant sincèrement que la fillette, de moins en moins sympathique, ne finisse pas par buter toute la sainte famille... De l'autre, le spectateur ricain ou accro du web ou lecteur de cette critique - désolé - n'aura d'autre choix que de s'interroger sur ce satané secret, scrutant chaque scène l'une après l'autre pour tenter de tout comprendre avant l'inévitable révélation finale. Car, pas de publicité mensongère, Esther est bel et bien un film à twist, celui-ci étant à la fois complètement fantaisiste, tout à fait digeste et quasiment impossible à deviner avant son annonce, sauf par quelques esprits plus aiguisés que la moyenne.
Pourquoi évoquer ces deux façons de voir le film ? Car Esther, clairement, semble plus à même de séduire le spectateur actif, et ce pour une bonne raison. Le film de Jaume Collet-Serra, s'il va assez loin dans la description des actes perpétrés par Esther - limite dérangeant dont très agréable -, peine en revanche à susciter un effroi durable en raison d'une mise en scène joliment baroque mais bien trop plan plan dans les grands moments de tension. Qui était simplement venu chercher sa dose de frousse risque de sortir de là bien chafouin, frustré par deux heures assez décevantes à ce titre. En revanche, la montée en puissance du scénario, prévisible mais convaincante, a de quoi satisfaire. D'autant qu'à la question « mais que cache Esther ? » s'ajoute « mais que cache le film ? » : longtemps, on ne sait dans vers quel genre le film va évoluer, plutôt thriller pur ou plutôt imbroglio surnaturel. Et c'est là que réside son intérêt principal : le voir évoluer au fil des séquences avant de se définir enfin.
Tout ceci ne serait que de la roupie de sansonnet s'il n'y avait cette poignée d'acteurs prodigieux car toujours sur le fil du rasoir. D'abord cette petite Isabelle Fuhrman, incroyable empêcheuse de vivre pleinement son rêve américain : sa prestation est d'autant plus hallucinante lorsqu'on sait que [insérer ici la révélation finale]. Ensuite une Vera Farmiga qui prend toujours plus d'essor de film en film et s'apprête à devenir une référence pour toutes les futures interprètes de mères de famille à problèmes. Et enfin ce fameux Peter Sarsgaard, sorte de petit frère de Kiefer Sutherland qui aurait abusé de la fumette - d'où les yeux plissés. Sa prestation hallucinée et savamment too much donne une étincelle inattendue à un film qui vaut de toute façon le détour, indépendamment de la manière dont on l'appréhende.




Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serra. 2h03. Sortie : 30/12/2009.

7 commentaires sur “ESTHER”

Benjamin F a dit…

Putain tu me donnerais presque envie... (presque...)

Pascale a dit…

Bon c'est indigeste ou c'est prodigieux ?
ça fout les chocottes ou pas ?

J'aurais que ça à voir pour finir l'année mais j'ai pas envie de passer 2 heures à mes cacher !!!

Alors,
j'y vais,
ou pas ???


"limite dérangeant dont très agréable"

Rob a dit…

Roooh ouais vas-y.
Je suis sûr que tu vas détester et que tu vas nous pondre une belle critique bien rigolote pour finir l'année.

Pascale a dit…

Ben trop tard...
Là je ne peux plus voir qu'un seul film avant l'année prochaine ce sera un autre.

Ouais, toi tu rirais peut-être, mais moi est-ce que j'aurais les miquettes ?

Rob a dit…

Un peu.

Pascale a dit…

Même pas eu peur j'suis un warrior...

Et le Peter i ressemble pas à Kieffer i ressemble à Colin Firth.

Anonyme a dit…

après la sorti du dvd esther y aura t il une suite ssur esther

 
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