23 oct. 2009

WHITEOUT

Curieusement absent des écrans depuis le début du siècle, Dominic Sena semble avoir profité de cette longue pause pour apprendre la sagesse. Contrairement à ses précédents films, les très bourrins 60 secondes chrono et Opération espadon, Whiteout semble moins destiné à fournir au spectateur sa dose de testostérone et de beauferie qu'à tenter de développer une intrigue policière en prenant le temps pour le faire. Sans doute la différence tient-elle en partie au fait que le personnage est une femme qui, contrairement aux Angelina Jolie ou Halle Berry des autres films de Sena, n'est pas un faire-valoir à gros seins mais une véritable héroïne. Ce qui ne veut pas dire pour autant que Sena a perdu tous ses réflexes de vieux mâle : dès l'introduction, il nous livre une séquence de déshabillage et de douche aussi flatteuse pour les bas instincts qu'absolument inutile.
Très heureusement, il se calme aussitôt et revient dans le droit chemin, pour mettre en place de façon claire et précise ce qui s'avère être un whodunit en Antarctique. Le déroulement de Whiteout est extrêmement classique, avec ses fausses pistes, ses meurtres à répétition et ses rebondissements tagada tsouin tsouin ; mais Sena s'en acquitte de façon très honorable, sans en faire trop côté action - les scènes étant disposées harmonieusement et jamais trop longues - et sans jamais perdre le fil rouge de son intrigue. Les vieux briscards rompus au genre risquent de deviner très tôt l'identité du coupable (sans mentir, dix minutes à peine), mais la trame est suffisamment bien menée pour qu'un doute subsiste jusqu'à un dénouement étonnamment sobre.
En fait, Whiteout s'apprécie presque davantage pour sa propension à éviter le millier de pièges grossiers placés sur son chemin que pour ce qu'il montre à l'écran. C'est un polar lambda, sans défaut majeur ni atout exceptionnel. On peut cependant regretter que le script n'aille pas plus loin dans son utilisation des paysages polaires et de ce fameux whiteout (l'instant où les conditions sont réunies pour provoquer désorientation spatiale et danger absolu) : si le climat occupe un rôle important dans plusieurs scènes d'action, la plus-value apportée au récit n'est pas assez flagrante. Avec un rien d'inventivité supplémentaire, Whiteout aurait sans doute pu tirer son épingle du jeu et exploiter mieux que cela son alléchant postulat de départ.




Whiteout de Dominic Sena. 1h40. Sortie : 21/10/2009.

1 commentaire sur “WHITEOUT”

Anonyme a dit…

Complétement d'accord avec ta critique. Quel dommage que la cadre "blanc" n'est pas été plus exploité que la cabine de douche...
Quelques scènes improbables quand-même...comme l'intrigue d'ensemble finalement...

A+

Boki

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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