Lui est animé par une envie de survivre qui lui procure une énergie hors du commun ; elle semble se considérer en simple sursis, plus rien ne la raccrochant à la vie. Très souvent seuls à l'écran, les deux personnages s'observent, s'opposent, tentent de donner le change afin de rassurer l'autre. Retranchés dans un univers végétal qui les protège de façon éphémère des agressions extérieures, ils extériorisent leur animalité et semblent revenir aux origines de l'humanité. Van Leeuw filme cette situation avec une simplicité salvatrice et un amour profond pour ses héros. Si Le jour où Dieu est parti en voyage respire autant la sincérité, c'est parce qu'il ne donne jamais la désagréable impression d'avoir été tourné par un non-africain venu se repaître de tout ce malheur. Le cinéaste est dans la compassion, jamais dans l'exploitation : le résultat obtenu est juste admirable.
Il aurait pu n'être que la simple radiographie de deux solitudes, mais le film va plus loin, ne considérant pas ses protagonistes comme de pures victimes absolument parfaites. Il y a notamment chez l'homme une certaine étrangeté, en tout cas du point de vue de Jacqueline, qui le rend aussi inquiétant qu'imprévisible. Façon pour Philippe van Leeuw de montrer que toute impression de sécurité ne peut être qu'illusoire dans ce genre de situation. Film pessimiste ? Probablement. Mais il y a pourtant dans Le jour où Dieu est parti en voyage des instants de pure beauté, comme ces séquences magnifiques où la jeune femme joue les infirmières de fortune et fait avec les moyens du bord. La simplicité qui émane de tels instants est d'une beauté renversante. Le reste aussi. Il faut à tout prix découvrir ce petit bijou modeste mais précieux, révélation immédiate d'un réalisateur dont on attend impatiemment des nouvelles.
Le jour où Dieu est parti en voyage de Philippe van Leeuw. 1h34. Sortie : 28/10/2009.
Critique publiée sur Écran Large.
Lire l'interview de Philippe van Leeuw.
4 commentaires sur “LE JOUR OÙ DIEU EST PARTI EN VOYAGE”
"du drame humain beaucoup intime"?
Toi y'en a vouloir parler Utu.
C'est un peu couillon non ?
Je vais sûrement le rater rapport à mes horaires présentement qui font que je ne peux voir QUE les films à horaire fixe... Laisse béton, c'est sans intérêt.
Mais c'est que ça donnerait presque envie de le voir!
Mais bien sur chez moi y'a pas un seul ciné qui le diffuse... pfff
5 copies France alors que 30 étaient annoncées. Honteux.
Et puis ça doit être 5 que sur Paris... sont balèzes pour ne laisser aucune chance à un film de se faire connaitre...
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