18 oct. 2009

7 MINUTES AU PARADIS

Si ça ne ressemblait pas autant à un mauvais calembour, on pourrait dire que 7 minutes au paradis est une véritable bombe à retardement. Voici un film qui vous cueille, allant bien au-delà de son statut initial de drame sur une femme en reconstruction. Le film d'Omri Givon met en effet en scène Galia, israélienne de 27 ans qui se remet mal de la mort de son fiancé Oren dans l'explosion d'un bus où elle se trouvait également. Partant à la recherche de l'homme qui l'a secourue, Galia n'a visiblement trouvé que cette solution pour se raccrocher à la vie. S'engage alors un parcours extrêmement douloureux pour la jeune femme, qui tente à la fois de regrouper ses souvenirs du drame, de pister ce secouriste introuvable, et de se rappeler les derniers instants passés avec celui qu'elle aimait.
7 minutes au paradis séduit par le savant contraste mis en place par Givon : si la situation de Galia est décrite avec une grande pudeur (traitement nécessaire pour décrire un processus de deuil), ses cauchemars et visions sont relayés dans un style tapageur, peu confortable, appelant certains films fantastiques dans lesquels des spectres peuvent apparaître à tout moment. Cette combinaison rend le film hypnotique, le spectateur étant à la fois ému par la détresse de l'héroïne tout en restant dans un état d'inquiétude permanent. La mise en scène fait preuve d'une grande cohérence pour concilier ces deux aspects foncièrement différents. Quant au corps de la jeune femme, en partie brûlé et donc protégé par une combinaison spéciale, il renforce l'atmosphère oppressante, dérangeante, qui anime le film et son héroïne.
Mais c'est son dernier quart d'heure qui donne au film toute sa singularité. Là, Omri Givon déroule une sorte de long twist final au cours duquel on comprend que les choses ne se sont pas passées exactement comme annoncé. Un bouleversement scénaristique amené avec suffisamment de subtilité pour se démarquer des nombreux (et souvent aberrants) films à twist : il y a derrière ce décorum un vrai propos, philosophique et social, qui montre bien à quel point il s'agit d'une oeuvre sans malice, mais aussi sincère que possible. Dommage cependant que le réalisateur crée la perplexité en manquant de clarté dans sa façon de mettre en scène cette dernière partie, obligeant tellement à cogiter que l'émotion finit par se perdre en route. Mais, porté par la superbe Reymonde Amsellem, 7 minutes au paradis est quoi qu'il en soit un film à voir, par son regard différent sur les attentats qui ravagent Israël.




7 minutes au paradis (Sheva Dakot Began Eden) d'Omri Givon. 1h34. Sortie : 14/10/2009.
Critique publiée sur Écran Large.

3 commentaires sur “7 MINUTES AU PARADIS”

Pascale a dit…

moi c'était :
4 heures au paradis...

Et today, je remets ça !

Pascale a dit…

Non, en fait c'étaient 7 jours !
Le 7,

c'est bon.

Pascale a dit…

Ah oui en fait je pense tout comme toi, mais je l'ai dit moins bien.
Il nous perd en route le con, et il nous récupère à la fin, le ptit malin.
C'est fou, c'est rare.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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