L'avantage de The horseman par rapport à un Death sentence sentencieux, explicatif et au final ridicule, c'est qu'il ne s'encombre pas de fioritures et de psychologie de bazar. D'une froideur aussi impressionnante que délectable, le héros veut juste faire le ménage. Sans trop se poser de questions. C'est l'un des atouts du film, qui se casse les dents la seule fois où il va justement à l'encontre de ce principe. Le scénario introduit en effet une fille de substitution pour le personnage, en la personne d'une jeune auto-stoppeuse qu'il prend sous son aile et qui finira par être exposée aux mêmes dangers que sa fille. Ce parallèle grossier gâche le plaisir en fin de course : on se serait volontiers contenté d'enquiller les scènes de vengeance.
Celles-ci sont d'une cruauté assez jubilatoire, Kastrissios préférant visiblement les préliminaires à l'acte en lui-même. On tourne longtemps autour de la cible, puis le héros sort sa boîte à outils et y choisit patiemment les éléments nécessaires à une bonne mise à mort. Et c'est fou ce qu'on peut faire avec une pompe à vélo ou des hameçons, le tout étant généralement destiné aux parties intimes de la victime. Que les âmes trop sensibles se rassurent : une fois commencée la séance de torture, le film ne s'appesantit pas, refusant un trop plein de voyeurisme qui aurait été malvenu. Moralement violent, réaliste en diable, The horseman est heureusement traversé de pics d'humour dus au sadisme et à l'imprévisibilité de notre vengeur pas masqué, pas vraiment sympathique mais pourtant très attachant. Avec une surprenante économie de mots, le film parvient en effet à rendre palpable la détresse de ce père orphelin, qui fait son deuil comme il peut, et n'ayant sans doute pas fini de souffrir.
The horseman de Steven Kastrissios. 1h50.
Critique publiée sur Écran Large.
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