Mange, ceci est mon corps, c’est cent cinq minutes de gens qui marchent dans des couloirs sombres, de gens immobiles dans les mêmes couloirs, de gens qui jouent du piano mais sans le son, de gens répétant sans cesse la même phrase ou le même mot, d’enfants noirs dépiautant un gros gâteau avec les doigts, de monologues sursignifiants (pauvre Catherine Samie). Même les plans les plus beaux, car il y en a, sont immanquablement gâchés d’une façon ou d’une autre par l’orgueil bouffi du pseudo metteur en scène. Quant à Sylvie Testud, on voit mal ce qu’elle est allée faire dans cette galère totale.
Le pire, c’est que tout cela est conçu comme une radiographie de la vie haïtienne, des affres de la colonisation, du poids du passé. Mais comment être dupe face à ce ramassis de néant ? Il n’y a pas la moindre matière politique ou sociologique là-dedans. Rien que de la frime pure et dure, de l’auteurisme forcé et nauséabond, qui donne envie à chaque seconde de quitter son siège et d’aller vaquer à d’autres occupations, forcément plus intéressantes que cet affligeant navet.
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(également publié sur Écran Large)
1 commentaire sur “MANGE, CECI EST MON CORPS”
J'ai vu le film et je suis entierèment d'accord avec cette critique
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