Ce qui différencie Mon frère est fils unique du reste des films du genre, c'est l'humour. En bon observateur, Luchetti croque les travers des deux frères et des idées qu'ils représentent, maniant avec habileté le comique de situation. Et parce que la politique passe au second plan lorsqu'il est question de filles, la chronique de la rivalité fraternelle finit par s'étendre au domaine sentimental. Pas de grande leçon de vie ni de morale pesante ; chacun a bien compris que les extrêmes, c'est mal (ceux qui n'en sont pas convaincus n'avaient qu'à ne pas aller voir le film). Daniele Luchetti dresse un portrait amer mais jamais désespéré d'un pays en crise perpétuelle, qui cherche à se démarquer des ombres de son passé mais n'y arrive jamais vraiment, se prenant régulièrement les pieds dans le tapis. C'est intelligent, drôle, caustique. Et même s'il lui manque un vrai souffle romanesque ou une dimension épique, Mon frère est fils unique s'impose sans mal comme le film italien de l'année.
7/10
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