9 déc. 2009

ASTRO BOY

En France, Astro Boy est plutôt connu sous le nom d'Astro le petit robot, manga devenu série animée qui fit les beaux jours des émissions jeunesse des années 80-90. Pour ceux qui, comme l'auteur de ces lignes, ont passé leur enfance à lire du Kant et à voir en boucle les films de Straub & Huillet, Astro se limite à une seule représentation : celle des verres à moutarde Amora à l'effigie du héros, destinés à être conservés et à devenir de véritables madeleines de Proust pour qui les retrouve vingt ans après. Version remodernisée et américaine des aventures du petit héros, Astro Boy pemet aux incultes de découvrir son univers et sa mythologie, au gré d'un long-métrage d'animation plutôt plaisant.
Avant tout destiné aux enfants, Astro Boy n'a pourtant rien d'un calvaire pour les plus âgés : à un humour bon enfant mais pas trop niais répond une intrigue simple mais pas angélique, où le personnage principal est régulièrement maltraité. Pensez donc : Astro est un petit robot créé par un ingénieur à partir du souvenir de Toby, son fils récemment disparu. Persuadé d'être Toby, rapidement rejeté par un géniteur qui ne supporte pas que lui soit renvoyée l'image de son fiston, Astro est soudain livré à lui-même. Comme dans la plupart des grands classiques de chez Disney, le scénario ne prend pas les enfants pour de petits êtres fragiles et stupides, et n'hésite pas à introduire des évènements dramatiques pour provoquer action et réactions. Et c'est assez réussi : rythmé, rigolo, plein de surprises, Astro Boy fait le boulot.
Le film de David Bowers bénéficie en outre d'un rendu visuel franchement épatant, pratiquant une 3D modeste mais aussi impressionnante qu'attachante. Le rendu des humains est moyennement convaincant, mais Astro et les potes robots qui l'entourent sont absolument parfaits. « Spectaculaire, drôle et touchant », dit sur l'affiche le Journal de Mickey, référence absolue en matière de cinéma. L'hebdomadaire préféré des morveux résume bien les qualités de ce film familial mais pas populiste, apparemment plutôt respectueux du matériau de départ mais jamais paralysé par l'enjeu que représente une adaptation. Le fait que le film balance du Supergrass (le fameux Alright) en illustration musicale montre bien sa liberté de ton. En ces temps de calibrage total, c'est déjà ça de pris.




Astro Boy de David Bowers. 1h35. Sortie : 09/12/2009.

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