12 août 2005

THE ISLAND

Chers amis, vous pouvez dormir tranquilles : le seul et unique bon Bay se trouve toujours en Inde, à 7000 km de Paris. Après cette désopilante tentative d'humour, ouvrons donc les hostilités. Le buzz autour du nouveau Bay faisait courir un bruit insensé : The island aurait donc un scénario! Modérons nos ardeurs : ce n'est pas tout à fait faux, mais c'est également loin d'être vrai. Disons plutôt que The island part sur une bonne idée. Une idée pas forcément neuve, qui emprunte allègrement à THX 1138, Bienvenue à Gattaca, Soleil vert et consorts. Mais une idée qui, bien exploitée, avait le potentiel pour donner un bon film de SF. Hélas... les trois premiers quarts d'heure suffisent à en faire le tour, à coups de scènes explicatives redondantes (à peu près sauvées par Steve Buscemi). Trois quarts d'heure qui, au passage, sont loin d'être désagréables. Bay n'y fait pas tout le temps du Bay, il y a des séquences vraiment réussies et quelques plans à tomber par terre. Alors évidemment, on n'échappe pas par moments à son filmage parkinsonien et à son montage idoine, mais la pilule passe plutôt bien. Ensuite, reste une heure et demie (oui, c'est long). Et là, ça se gâte. Bay retombe dans ses pires travers et nous sert des courses poursuites interminables (cette fois, au lieu de jeter des voitures, on balance des sortes d'haltères géantes) et des travellings improbables et pleins d'esbroufe. Les méchants sont caricaturaux, l'humour est vulgaire, sexiste, bas de plafond... Seules surnagent quelques scènes (SPOILER celles entre McGregor et McGregor, notamment) ; le reste est ennuyeux et bayesque (ce qui, forcément, n'est pas un compliment). On sent tout de même une certaine évolution dans le travail de ce cher Michael : une sensibilité jusque là inexplorée, une envie (certes ratée) de traiter d'un sujet d'actualité (SPOILER le clonage thérapeutique), un casting de qualité (Ewan, tout sauf ridicule, et Scarlett, divinement johanssonienne, éclipsent tout de même des seconds rôles bien patauds). Mais il lui reste encore beaucoup de travail pour devenir un réalisateur de qualité. C'est bien normal : on n'apprend pas en 5 minutes à un Néanderthal comment faire un noeud de cravate. Outre ses horripilants tics de réalisation, il est surtout agaçant de le voir transformer bêtement un film se voulant sérieux en un gigantesque spot publicitaire pour Puma et XBox (et Calvin Klein, mais là, ça passe car c'est malicieusement intégré au récit). Bref, au final, The island n'est qu'une clonerie de plus. Mais si le petit Michael fait bien ses devoirs et révise consciencieusement ses leçons, il n'est pas exclu qu'un jour il rende des copies correctes.
3/10

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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