6 déc. 2009

Top 10 des réalisateurs asiatiques en activité

Après le top US, le top anglophone et le top France, et conjointement avec Cinéma d'ici et d'ailleurs, voici à présent le top 10 des réalisateurs asiatiques en activité.


#10 Kim Ki-duk

Découvert sur le tard, Kim Ki-duk fut fréquemment décrit chez nous comme un stakhanoviste en raison du grand nombre de ses films sortis dans en France les années 2000. Auteur d'une quinzaine de films, KKD s'est fréquemment démarqué par la cruauté de ses récits, où le corps est régulièrement mis à mal - rappelez-vous les hameçons de L'île - et où l'esprit n'est pas épargné. Capable aussi de la plus grande des douceurs à travers un onirisme réconfortant - le stupéfiant Locataires -, le cinéaste coréen ne cesse de nous surprendre au gré d'une imagination inégale mais fertile.
Meilleur film des années 2000 : Locataires.
Meilleur film :
L'île.



#09 Hirokazu Kore-eda

Le mélo sans le mélo : telle semble être la spécialité du Japonais, qui a franchi un net grâce à deux de ses derniers films, Nobody knows et Still walking. Ses personnages tristes, abimés, auraient tout pour faire bêtement pleurer, mais l'écriture complexe leur offre une profondeur insoupçonnée, une point de cruauté s'insinuant imperceptiblement dans des machineries émotionnelles élaborées. Son chef d'oeuvre est encore à venir, mais Hirokazu Kore-eda a déjà fait ses preuves.
Meilleur film des années 2000 : Nobody knows.
Meilleur film :
Nobody knows.



#08 Bahman Ghobadi

Bahman Ghobadi semble aimer les animaux, lui qui est parvenu à placer des chats, des chevaux et des tortues dans les titres de ses films. En une douzaine d'oeuvre, il s'est imposé avec classe et discrétion comme l'un des fers de lance du cinéma iranien, embrassant une large quantité de thématiques et s'attardant autant que possible sur la pénible condition de son Kurdistan natal. Son dernier-né, Les chats persans, désamorce plus d'un cliché sur l'Iran et montre que la modernité n'y est pas un vain mot et se trouve même au centre de toutes les luttes.
Meilleur film des années 2000 : Les chats persans.
Meilleur film :
Un temps pour l'ivresse des chevaux.



#07 Kiyoshi Kurosawa

Aucun lien avec son homonyme célèbre... mais Kiyoshi Kurosawa n'a guère besoin d'un nom connu pour intégrer le clan des cinéastes asiatiques qui comptent. Versant souvent dans un fantastique sophistiqué et pénétrant, les films du Japonais sont pour la plupart d'étranges rêveries, au potentiel visuel étonnant - voir les méduses de Jellyfish -, alternant chez le spectateur des impressions de malaise et de confort. Son dernier film, Tokyo sonata, s'écarte de son style habituel mais conserve cette classe infinie qui est la sienne.
Meilleur film des années 2000 : Jellyfish.
Meilleur film :
Jellyfish.



#06 Johnnie To

Le plus grand virtuose du classement se nomme Johnnie To, dont la caméra insuffle un lyrisme insensé dans chacune des histoires, simplissimes ou outrageusement complexes, qu'il met en scène. Des trafics d'influence d'Election au western dépouillé Exilé, chaque film de To constitue un petit évènement et une leçon de mise en scène. Et tant pis si certaines intrigues sont moins passionnantes que d'autres : même quand le cerveau est en veille, l'oeil continue à se régaler.
Meilleur film des années 2000 : Exilé.
Meilleur film :
Exilé.



#05 Tsai Ming-liang

Son récent Visage en a fait flancher plus d'un, et cela se comprend. Mais Tsai Ming-liang n'a jamais été un féru d'action : la contemplation est son pain quotidien, la crasse du quotidien son sacerdoce. Tout cela sans misérabilisme : chez TML, les incidents domestiques sont avant tout propices à des déflagrations esthétiques ravageuses - ah, les fuites d'eau - et souvent rigolardes. Influencé par la Nouvelle Vague, le Taïwanais compose des éloges de la lenteur aussi fantaisistes que passionnants, où la musique, le cul, la bouffe sont autant de piliers de notre existence.
Meilleur film des années 2000 : La saveur de la pastèque.
Meilleur film :
La saveur de la pastèque.



#04 Im Sang-soo

Son Vieux jardin un rien décevant n'a cependant pas entaché le charisme d'Im Sang-soo, cinéaste coréen acerbe et très politisé, dont les longs-métrages ont eu plus d'une fois maille à partir avec la censure. Deux films valent particulièrement le détour chez ISS : Une femme coréenne, portrait de femme libre et cru, et surtout The president's last bang, géniale évocation de l'assassinat du président coréen en 1979. Style baroque, plume de fer : un cinéaste qui compte.
Meilleur film des années 2000 : The president's last bang.
Meilleur film :
The president's last bang.



#03 Apichatpong Weerasethakul

Ses amis l'appellent Jo, c'est un peu plus court. Ses films, eux, ne doivent en aucun cas être raccourcis, simplifiés, réduits à de simples analyses manquant forcément de finesse : Apichatpong Weerasethakul est avant tout un artiste sensoriel, qui crée des poèmes visuels en forme de libre-service, où chacun peut trouver ce qu'il veut et choisir son degré de lecture. Le cinéma du Thaïlandais est en tout cas affaire de Beauté, avec un B plus que majuscule.
Meilleur film des années 2000 : Tropical malady.
Meilleurs films : Tropical malady.



#02 Bong Joon-ho

Il a suffi d'un film, Memories of murder, pour que Bong Joon-ho intègre le club restreint des cinéastes dont chaque film compte. Il est question de justice, de famille, d'actes manqués et de culpabilité, dans des scénarii-canevas absolument inépuisables. Mais, plus que tout, c'est par son style inédit que le Coréen se distingue de la masse : les films de Bong Joon-ho sont des festivals de textures, de couleurs automnales, d'innovations discrètes et d'idées stimulantes, le tout au service d'une intrigue forte et d'une mélancolie permanente.
Meilleur film des années 2000 : Memories of murder.
Meilleur film :
Memories of murder.



#01 Hong Sangsoo

Celui qui ose affirmer que tous les films de Hong Sangsoo se ressemblent... n'a pas tout à fait tort. Qui a vu la petite dizaine d'oeuvres composant sa filmographie ne manquera pas d'en mélanger les postulats, les scènes, les personnages. Et pour cause : de film en film, le style du Coréen n'évolue pas d'un iota, tout comme ses obsessions pour les pauvres types, les longues bouffes, la picole et les plans foireux. Le plaisir est toujours le même, mais sans cesse renouvelé, un peu comme... comme... la vie. C'est terriblement cliché mais c'est exactement ça : aussi répétitif et plaisant que nos propres existences, le cinéma de Hong Sangsoo est nombriliste, cyclique, simple et délicieux. Donc génial.
Meilleur film des années 2000 : Turning gate.
Meilleur film :
Turning gate.


16 commentaires sur “Top 10 des réalisateurs asiatiques en activité”

Aurélien a dit…

Y manque Tsui Hark, sans qui To ne serait rien (d'ailleurs son meilleur film des années 2000 serait pour moi Breaking News plutôt que Exilé) et, chez les coréens, Jae-woon Kim me paraît un incontournable du cinéma de genre. Mais bon, comme tout classement, c'est hautement subjectif :) Merci de mettre en évidence quelques noms que je ne connais pas !

Thibault F. a dit…

Je ne les connais pas tous clairement, donc loin de moi l'idée de retourner tout le classement. Mais j'aime beaucoup Park Chan Wook perso (Old Boy, I Am A Cyborg, Thirst). :p

Niko a dit…

Bon ben on en a 3 en commun! Presque l'impression qu'il était plus dur à faire que les autres celui-là... Y'aurait-il plus de talent en Asie qu'en occident? ^^

Rob a dit…

En fait je connais assez mal Tsui Hark. Mais faut avouer que Time and tide, c'est excellent.
Park Chan-wook n'était pas loin de la dixième place, mais je n'aime que la moitié de ses films.
Alan Mak & Andew Lau, Jafar Panahi, John Woo n'y sont pas non plus...

Anonyme a dit…

Globalement d'accord... même s'il y en a 2 ou 3 que je ne connais pas ou peu. (Johnnie To, Im Sang Soo, Apichatpong Weerasethakul)
Et que Hong Sang Soo m'emmerde, pour le peu que j'en ai vu.

L'Iran est en Asie ?

Bah alors j'aurais ajouté Kiarostami et Jafar Panahi.

Et Park Chan Wook, Hong-jin Na, Kitano...

Rob a dit…

L'Iran est en Asie centrale...
Panahi aurait pu y être, comme je l'ai dit plus haut. De Na Hong-jin, je n'ai vu qu'un film, mais le type est très prometteur. Je connais mal Kiarostami.

Niko a dit…

Je viens de voir deux détails qui m'interpellent. Pour Johnny To, Exilé meilleur film de la décennie on est d'accord, par contre tu as vu The Mission? Pour moi c'est encore plus ultime!

idem pour Kurosawa, ça me fend le coeur de pas l'avoir mis mais je me devais d'intégrer Hark et Woo avec qui j'entretiens une longue histoire d'amour cinéphilique... Mais tu préfères vraiment Jellyfish à Kaïro?

Rom_J a dit…

Comme d'hab, je prends mon carnet et note de quoi alimenter mes prochaines commandes.

Wade Wilson a dit…

Je suis bien d'accord avec toi pour Kurosawa!

chandleyr a dit…

Pour Bong Joon-ho, mother a été une bonne surprise hâte de le recontrer demain soir. Je l'aurai mis en 1er et johnnie To en deuxieme par contre :p

Leo a dit…

Que fais-tu de HHH ? Sans parler de Jia Zhang Ke...

Anonyme a dit…

Personne n'a parlé de wong kar waï ni de zhang yimou, c'est affligeant.

Anonyme a dit…

Pas de Wong Kar-Waï?

Anonyme a dit…

Oh et... Bravo pour Tsai Ming-liang, il m'émerveille!

Unknown a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Wong Kar-Wai
Hou Hsiao-hsien
Takeshi Kitano
Hayao Miyazaki
Fruit chan
Wang Bing
An Hui
...

ça aurais eu de gueule avec c'est gens au dessus, mais quand on voit que tu leur préfère "kim ki duk" même avec honh sang soo en 1er place ce classement n'a plus aucune valeur...

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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